La traversée de l'épreuve de l'angoisse est une étape capitale d'une thérapie analytique. J'aime donner à mes patients l'image de ces ponts faits de planches et de lianes qui permettent de franchir de profonds précipices, dans les jungles les plus reculées. Arrivé devant cet assemblage précaire, confronté au vide dans lequel il pourrait tomber, le patient va franchir le passage, ou bien s'arrêter. S'il franchit le passage, la fin de la thérapie peut alors s'entrevoir, et la séparation d'avec le thérapeute s'envisager avec sérénité. S'il s'arrête, tétanisé au fond de lui et trouvant cent prétextes et arguties pour arrêter les séances, alors c'est la victoire de la peur et l'échec de la thérapie.
Nous reviendrons sur le sujet lorsque nous aborderons le concept de castration.